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Réduire les émissions de CO₂ : ce que les flux de pétrole et la biomasse révèlent de la transition énergétique japonaise

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Une transition qui se mesure aussi dans les dépendances

La transition énergétique est souvent présentée à travers la progression de l’électricité renouvelable ou la baisse des émissions de CO₂. Pourtant, un autre indicateur mérite l’attention : la manière dont un pays se procure l’énergie dont il a besoin.

Les données disponibles sur le Japon mettent en évidence deux réalités complémentaires. D’un côté, le pays continue de faire entrer une quantité considérable de pétrole brut sur son territoire. De l’autre, des activités utilisant la biomasse ligneuse existent dans différentes régions et différents secteurs. Ces deux phénomènes ne décrivent pas à eux seuls l’ensemble du système énergétique, mais ils permettent d’observer une question centrale pour les pays francophones comme pour les autres : comment réduire les émissions tout en limitant la dépendance à des ressources importées ?

En 2023, les importations japonaises de pétrole brut ont atteint 147 661 066 kilolitres. Le chiffre établi pour l’exercice 2023 s’élève à 144 801 793 kilolitres. Ces deux valeurs correspondent à des périmètres temporels différents : l’une couvre l’année civile, l’autre l’exercice annuel. Elles ne doivent donc pas être comparées comme si elles représentaient exactement la même période.

IndicateurPériodeValeur
Importations de pétrole brut2023147 661 066 kilolitres
Importations de pétrole brutExercice 2023144 801 793 kilolitres
Établissements utilisant l’énergie issue de la biomasse ligneuse20241 327 établissements
Dont établissements du secteur manufacturier2024453 établissements

La biomasse comme ancrage territorial

En 2024, 1 327 établissements utilisant l’énergie issue de la biomasse ligneuse ont été recensés à l’échelle nationale. Parmi eux, 453 appartenaient au secteur manufacturier. Ces données montrent que la biomasse n’est pas seulement une idée théorique ou une technologie réservée à quelques installations spécialisées. Elle est déjà associée à des activités économiques concrètes.

Son intérêt potentiel tient notamment à son caractère territorial. Les ressources ligneuses peuvent être liées à la gestion des forêts, aux activités de transformation du bois ou à d’autres chaînes locales. Cette proximité peut contribuer à diversifier l’approvisionnement énergétique et à réduire certains transports de combustibles. Elle ne signifie toutefois pas automatiquement que toutes les émissions disparaissent. Le bilan dépend de l’origine de la ressource, de son transport, de sa transformation et de l’efficacité des équipements.

Pour les lecteurs de France, de Belgique, du Canada et d’autres pays francophones, cette question est particulièrement utile : une énergie renouvelable ne se résume pas à son étiquette. Il faut aussi examiner son organisation matérielle, son territoire d’approvisionnement et les usages auxquels elle répond.

Ne pas opposer importations et ressources locales

L’existence d’établissements utilisant la biomasse ne permet pas de conclure que le pétrole est rapidement remplacé. Les données disponibles ne donnent pas la part respective de chaque énergie dans la consommation totale, ni l’évolution des émissions liées à ces activités. Elles invitent plutôt à regarder la transition comme un processus composé de plusieurs couches.

Les importations de pétrole rappellent le poids des infrastructures existantes : transport, industrie, production de chaleur et autres usages énergétiques. La biomasse ligneuse illustre, quant à elle, une possibilité de diversification à l’échelle des territoires et des secteurs productifs. Entre ces deux dimensions se trouvent les choix techniques, les contraintes de disponibilité et la capacité à utiliser l’énergie de façon plus efficace.

Cette lecture évite deux raccourcis. Le premier consisterait à considérer toute ressource locale comme automatiquement bénéfique pour le climat. Le second serait de réduire la transition énergétique au seul remplacement d’une source par une autre. Dans la pratique, la baisse des émissions de CO₂ dépend aussi de la diminution des consommations inutiles, de l’amélioration des procédés et de la cohérence entre les ressources disponibles et les besoins locaux.

Un indicateur pour comparer les pays sans les confondre

Les pays francophones ne disposent pas tous des mêmes forêts, des mêmes industries ni des mêmes infrastructures portuaires. Il serait donc imprudent de transposer directement l’expérience japonaise. En revanche, les indicateurs utilisés peuvent inspirer une comparaison : volume des combustibles importés, nombre d’établissements recourant à une ressource renouvelable, répartition par secteur et cohérence entre production locale et demande énergétique.

Cette approche permet également de mieux distinguer la sécurité d’approvisionnement de la performance climatique. Une ressource locale peut réduire une dépendance extérieure sans garantir, à elle seule, une baisse équivalente des émissions. Inversement, une baisse des émissions ne signifie pas nécessairement que toutes les vulnérabilités liées aux importations ont disparu.

L’enjeu est donc de suivre simultanément les flux entrants, les usages industriels et la capacité des territoires à mobiliser des ressources disponibles. Pour comprendre la transition énergétique, il faut regarder non seulement ce qui produit l’énergie, mais aussi d’où elle vient, où elle est consommée et quelles activités en dépendent.

出典

https://www.e-stat.go.jp/dbview?sid=0003171993

https://www.e-stat.go.jp/dbview?sid=0003172006

https://www.e-stat.go.jp/dbview?sid=0004045593

https://www.e-stat.go.jp/dbview?sid=0004045568